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Risques et sociétés |
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Corpus documentaire
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De
la prévision
à la prévention, la gestion mondiale
des risques
La prévision,
l'information, la prévention de certains
aléas doivent être traités
à l'échelle mondiale, par des
systèmes multilatéraux et/ou onusiens.
Les phénomènes naturels dont ils
dépendent se déploient à
petite échelle : c'est le cas des tsunamis,
des cyclones par exemple. Et les risques de
nature géopolitique ne peuvent aussi
trouver de réponses qu'à travers
des dispositifs adoptés par la communauté
internationale la plus large.
Les systèmes
d'alerte aux tsunamis
S'il est impossible aujourd'hui de prévoir
le lieu et la date d'un séisme, en revanche,
des systèmes d'alerte efficaces ont été
mis au point.
Seward,
Alaska : la signalisation prévoit
les procédures d'évacuation
des populations
par la route en cas d'alerte au tsunami
Exemple de document du PTWC :
séisme du 28-03-05 dans l'océan
Indien

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Les
sismologues s'inscrivent plutôt
dans la prédiction que dans la
prévision. Dans l’état
actuel des connaissances, ils ne peuvent
faire, sauf rare exception, que des
prédictions à long ou,
éventuellement, moyen terme.
Celles-ci sont basées sur une
série de données : carte
des failles correspondant aux frontières
entre les plaques tectoniques du globe
; historique minutieux des tremblements
de terre antérieurs car on suppose
que, à pression tectonique plus
ou moins constante, les ruptures sont
cycliques donc, en cas de "lacune
sismique", la probabilité
d’un prochain séisme s'accroît.
Enfin, on dispose de nouveaux moyens
technologiques de surveillance géophysique,
que ce soit via les stations sismographiques
de plus en plus nombreuses, les sondes,
les images satellites et les GPS mesurant
les mouvements centimétriques
sur les bords des failles.
Le système d'alerte et de prévention
des tsunamis pour l'océan Pacifique.
En Californie,
il existe des réseaux de sismographes
reliés par voie hertzienne à
des ordinateurs qui calculent automatiquement
et en temps réel la position
du séisme et sa magnitude. Si
elle dépasse un certain seuil,
l'alerte est donnée. Les ondes
de cisaillement, les plus destructrices,
se propagent à des vitesses de
l'ordre de 3 km/s et les raz de marée
progressent à des vitesses de
l'ordre de 400 km/h. Si l'alerte est
donnée à temps, elle peut
permettre de sauver de nombreuses vies.
Un système similaire existe au
Japon où les populations côtières
ont été formées
à réagir correctement
aux signaux des sirènes d'alarme
automatique. Outre son système
d'alerte, le Japon a renforcé
la défense de ses côtes
: 39% des 35 840 kms de son littoral
sont sécurisés par des
aménagements spéciaux
dont 52% par des digues.
Basé, en 1949, à Ewa Beach
aux îles Hawaï, le Centre
d'alerte aux tsunamis du Pacifique (Pacific
Tsunami Warning Center / PTWC)
transmet les alertes aux tsunamis à
destination de la plupart des pays de
l'océan Pacifique. L'Alaska et
la côte ouest des États-Unis
sont alertées par le West
Coast / Alaska Tsunami Warning Center
(WC/ATWC) à Palmer en Alaska.
www.prh.noaa.gov/ptwc
Le PMEL Tsunami Research Program
qui a pour objectif de réduire
les effets de l'aléa tsunami
pour Hawaï, les États de
Californie, de l'Oregon, de Washington
et de l'Alaska, gère le système
Deep-ocean Assessment and Reporting
of Tsunamis (DART) :
www.pmel.noaa.gov/tsunami
et
www.pmel.noaa.gov/tsunami/Dart/dart_ms1.html
Une animation sur le fonctionnement
du système d'alerte DART :
www.pmel.noaa.gov/tsunami/Mov/DART_04.swf
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Exemple
de document du système d'alerte
DART

On
pourra aussi consulter "Les
grandes vagues, documents d’information
pour les populations civiles"
réalisé en 2002 par le
Centre international d’information
sur les tsunamis (CIIT), avec l'aide
du Programme tsunami de l’UNESCO/COI,
de l'Administration nationale de l’océan
et de l’atmosphère (NOAA
/ États-Unis) et du Laboratoire
de détection et de géophysique
(France)
www.prh.noaa.gov/itic/fr/library/pubs/great_waves/tsunami_great_waves_cover_2.html
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Sur
le pourtour de l'océan Indien, l'alarme
aurait pu être donnée plusieurs
minutes, voire plusieurs heures, selon les lieux,
avant l'arrivée du tsunami du 26 décembre
2004. Mais la Conférence mondiale sur
la prévention des catastrophes naturelles
qui, sous le choc du tsunami, s'est tenue à
Kobé du 20 au 22 janvier 2005, n'a pas
eu de résultats concrets sur une extension
mondiale du système de prévention
adopté par les pays riverains de l'océan
Pacifique. Chaque pays participant voulait faire
de sa propre expertise la cheville ouvrière
de la politique à mettre en œuvre
: la France, par exemple, voulait faire de l'île
de La Réunion soit le siège du
pôle d'alerte des catastrophes d'origine
naturelle pour l'océan Indien. La Conférence
de Kobé a été cependant
l'occasion d'annoncer la création, sous
l'égide des Nations Unies, d'un système
global d'alerte précoce multidésastre
(inondations, typhons, éruptions volcaniques,
etc.) dont la première pièce serait
ce système d'alerte aux tsunamis dans
l'océan Indien qui reste à organiser.
Autres ressources
en ligne : une sélection
- Sources onusiennes : www.un.org/french/ha/natural_disaster/index.asp
et
> Le dossier du Centre d'information de l'ONU
sur le tsunami du 26 décembre 2004
www.un.org/apps/newsFr/infocusRelF.asp?infocusID=66&Body=Tsunami&Body1=
> Stratégie internationale pour la
prévention des catastrophes (SIPC - International
Strategy for Disaster Reduction - ISDR)
dont l'objectif est de réduire la gravité
des catastrophes (coûts humains, socio-économiques,
environnementaux) : www.unisdr.org
- Commission océanographique intergouvernementale
(IOC) de l'Unesco - Groupe international de
coordination du système d'alerte au tsunami
dans l'océan Pacifique : http://ioc.unesco.org/itsu
- Asian Disaster Reduction Center :
www.adrc.or.jp/top.php
- Sur le tsunami de décembre 2004, par
les géographes du "Pôle de
recherche pour l'organisation et la diffusion
de l'information géographique (PRODIG)
:
> Intergéo, n° spécial
de janvier 2005 : http://prodig.univ-paris1.fr/umr/actualites/Lettre1_2005.pdf
> Articles à la une, sur le site du
CNRS - SHS : www.cnrs.fr/SHS/recherche/article.php?id_article=110
- La page et l'animation réalisée
par le National Institute of Advanced Industrial
Science and Technology (AIST) japonais
: http://staff.aist.go.jp/kenji.satake/Sumatra.html
- L'ensemble documentaire rassemblé sur
Wikimedia :
http://commons.wikimedia.org/wiki/2004_Indian_Ocean_earthquake
- Le département de surveillance de l'environnement
du CEA met désormais en ligne, quasiment
en temps réél, ses informations
concernant la sismicité en France métropolitaine
et dans les régions méditerranéennes.
www-dase.cea.fr
- RDT Info, magazine de la recherche européenne
- Séismes, prévisions, une science
solidaire :
http://europa.eu.int/comm/research/rtdinfo/43/01/article_1663_fr.html
- Sur le site académique de Dijon, une
étude pédagogique du tsunami autour
de cartes et d'images :
http://webpublic.ac-dijon.fr/pedago/histgeo/SIG/experimentations.htm
- Et sur le site Educnet du Ministère
de l'éducation nationale : www.educnet.education.fr/EEDD/actualites.htm
- Propositions pédagogiques rassemblées
par le Café pédagogique :
www.cafepedagogique.net/dossiers/seisme/index.php
La Veille
météorologique mondiale
Établie à Genève,
l'Organisation météorologique
mondiale (OMM - World meteorological organization
/ WMO), compte 185 États membres. Son
activité est régie par une Convention
météorologique mondiale, adoptée
en 1947, entrée en vigueur en 1950. Elle
est le porte-parole scientifique autorisé
du système des Nations Unies pour tout
ce qui concerne l'atmosphère et le climat
de notre planète. L'OMM a pour mission
de faciliter la coopération mondiale
en matière d'observation et de services
météorologiques, l'échange
rapide de l'information météorologique.
Elle coordonne la publication des données
d'observation en direction des secteurs public
ou privé ainsi que les activités
scientifiques internationales dont elle encourage
les applications. C'est par l'intermédiaire
de l'OMM que sont conclus des accords internationaux
complexes sur les normes, les codes, les mesures
et les télécommunications.
La Veille météorologique mondiale
(VMM) est le principal programme scientifique
et technique de l'OMM, pierre angulaire de ses
activités. Elle fournit en temps réel
une information météorologique
recueillie et acheminée par les systèmes
d'observation et les liaisons de télécommunication
du monde entier, regroupant quatre satellites
à défilement, cinq satellites
géostationnaires, environ 10 000
stations terrestres d'observation, 7 000
stations sur navires et 300 bouées ancrées
et dérivantes dotées de stations
météorologiques automatiques.
Chaque jour, des liaisons à grande vitesse
transmettent données et cartes aux 35
centres régionaux et aux centres nationaux
des États membres.
L'OMM a organisé des Centres météorologiques
régionaux (Regional Specialized Meteorological
Center / RSMC) et des centres d'avertissement
des cyclones tropicaux (Tropical Cyclone
Warning Center / TCWC) dont le rôle
est d'assurer la surveillance cyclonique. Chacun
de ces RSMC ou TCWC a en charge un bassin cyclonique
particulier. Pour l'océan Indien, il
s'agit des RSMC suivants : RSMC New Dehli (l'Indian
Meteorological Department s'occupe du bassin
Océan Indien Nord) ; RSMC La Réunion
(Météo France gère le bassin
du Sud-Ouest de l'océan Indien.
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Au Bangladesh
:
un système exemplaire de prévention
des effets des cyclones.
En 1970, à
la veille de l'indépendance,
un terrible cyclone provoquait la disparition
de plus de 300 000 Bangladais. En 1991,
un nouveau cyclone faisait 140 000 victimes.
Mais l'ouragan de 1997 n'a provoqué
que 700 victimes ou disparus. C'est
le résultat d'une meilleure préparation
du pays, exemple convaincant de l'utilité
des politiques de prévention
des catastrophes d'origine naturelle.
Le système de prévention
adopté a consisté à
construire des centaines d'abris collectifs
sur pilotis qui, en temps normal, servent
d'écoles ou de dispensaires.
Il s'agit de bâtiments posés
sur des piliers de béton de 4
mètres de haut édifiés,
à partir de 1991, le long des
côtes. L'espace entre l'étage
et le sol laisse passer la vague et
les débris meurtriers qu'elle
charrie. La construction peut héberger
de 500 à 5 000 personnes.
Elle est équipée de toilettes,
de réserves de nourriture et
d'eau en quantité suffisante
pour un ou deux jours.
Un système d'alerte a été
mis au point et permet de diffuser les
alarmes lancées par les stations
météorologiques. Des volontaires
du Croissant-Rouge sont formés
dans chaque village pour organiser l'alerte
et les regroupements.
Ce système a été
financé par le gouvernement bangladais,
l'UE, l'Arabie saoudite (qui installe
des écoles coraniques dans les
abris qu'elle promeut) et les ONG. Il
y a maintenant plus de 4 000 abris
collectifs.
Si on ne peut éviter les désastres
d'origine naturelle, un tel dispositif
de prévention montre qu'il est
possible de rompre le cercle vicieux
de la pauvreté qui aggrave la
vulnérabilité.
D'après Hervé
Kempf - Le Monde du 18 janvier 2005
- Les services
météorologiques du Bangladesh
: http://bmd.gov.bd
- India meteorologic department
: www.imd.ernet.in/main_new.htm
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En complément,
la brève
n° 7 de 2004 : Une saison cyclonique
dévastatrice sur l'Atlantique Nord :
Charley, Frances, Ivan, Jeanne ... et les autres
Prévenir
les risques du trafic maritime
Les points nodaux du trafic
maritime international sont très vulnérables.
Les grands détroits (Ormuz,
Malacca, Bosphore, par exemple), et les vastes
plates-formes portuaires font du monde maritime
un monde à risque. Les ports qui accueillent
les trafics internationaux de conteneurs et
de matières dangereuses sont des lieux
très exposés au risque d'attentat
et d'accident technologique. Différents
accidents répertoriés par le Centre
de documentation, de recherche et d'expérimentations
sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre :
www.le-cedre.fr),
comme l'attaque du pétrolier français
Limburg au large du Yémen en 2002, illustrent
ces vulnérabilités.
Très vulnérables à
une attaque terroriste ou criminelle, les pétroliers
sont une proie facile. Michael Richardson, chercheur
à l'Institut d'études sur l'Asie
du Sud-Est à Singapour (Iseas - www.iseas.edu.sg),
a publié en janvier 2004 un article intitulé
: "Ships Can Be Dangerous Too': Coupling
Piracy and Maritime Terrorism in Southeast Asia's
Maritime Security Framework" (ISEAS
Working Papers on International Politics and
Security Issues - www.iseas.edu.sg/rpapers.html).
Il met en garde sur les vulnérabilités
d'un système peu préparé
à ce type de menaces.
Les points faibles sont nombreux. En 2003, un
rapport de l'OCDE établissait que le
commerce par mer qui représente 80% des
échanges mondiaux en poids, nécessite
230 millions de mouvements de conteneurs, emploie
1,2 million de marins sur 46 000 navires
desservant 2 800 ports où travaillent
des centaines de milliers de personnes : les
dommages potentiels sont donc considérables.
Le rapport de l'Iseas imagine la possibilité
d'utiliser un "conteneur de Troie"
susceptible d'exploser ou de répandre
des produits toxiques. L'explosion d'un transport
de produits chimiques dans un port pourrait
avoir des effets dévastateurs.
Singapour, par exemple, vaste port et entrepôt
situé au débouché du détroit
stratégique de Malacca, par où
transite le 1/4 du commerce mondial, qui se
termine par un goulet de 1,5 km de large, est
un des points vulnérables du trafic maritime
mondial. La piraterie dans ces parages est déjà
très active, des groupes activistes y
sont déterminés (cf. Nathalie
Fau - Le
détroit de Malacca).
Mais les mesures à prendre sont
délicates. Comme pour le transport aérien,
il convient de trouver l'équilibre entre
nécessaire fluidité des transports
et impératifs de sécurité.
Or, ces mesures provoquent des surcoûts
liés aux contrôles et à
l'allongement des délais. Avec, dans
le domaine maritime, des difficultés
supplémentaires liées à
son opacité et à sa complexité
: recours à des pavillons dits "de
complaisance" aux limites de l'économie
informelle, conditions d'emploi des équipages
souvent obscures, complexité de l'écheveau
des responsabilités.
Dans le cadre du projet de sécurisation
du trafic de marchandises et du fret maritime
international, à la suite du 11 septembre
2001, une Initiative pour la sécurité
des conteneurs (Container Security Initiative
- CSI) a été proposée
par les États-Unis. Environ vingt "méga-ports"
dans le monde se sont associés à
la CSI, tels que, en Europe, Le Havre, Anvers
et Zeebruge, Rotterdam, Brême, Hambourg,
Felixstowe, Thamesport, Southampton, Gênes,
Gioia Tauro, Le Pirée, Algésiras.
Un des dispositifs de la CSI est le "24
hours rule" qui pré-sélectionne
les portes-conteneurs annoncés en fonction
de certains critères de risques, ce qui
les oblige à s'identifier 24 heures avant
leur arrivée.
La majorité des États membres
de l'Organisation maritime internationale (OMI)
ont adopté, en 2002, un nouveau régime
réglementaire (entré en vigueur
en 2004) selon lequel tous les tankers déplaçant
plus de 500 tonnes doivent se conformer à
un nouveau code de sécurité, faute
de quoi ils se verront interdire l'accès
aux ports. Pour obtenir le certificat International
Ship and Port Facility Security (ISPS),
ils doivent prendre des mesures de protection
précises, par exemple : la nomination
d'un officier chargé de la sécurité,
le renforcement des conditions d'accès
à bord, l'installation de dispositifs
de vidéo-surveillance, l'amélioration
de l'éclairage ou l'adoption d'un plan
de sûreté sur chaque bâtiment.
De son côté, la France s'efforce
de se préparer à ce type d'éventualités.
Ainsi, par exemple, des exercices annuels contre
le détournement de méthaniers
en Méditerranée sont organisés.
Des ressources en
ligne
- Centre de Droit Maritime et des Transports
: www.cdmt.droit.u-3mrs.fr
- L'Organisation mondiale des Douanes : www.wcoomd.org/ie/fr/fr.html
- L'Organisation maritime internationale : www.imo.org/home.asp
- Hapag-Lloyd AG. : www.hlcl.com/en/security.html
- L'Institut d'études sur l'Asie du Sud-Est
à Singapour (Iseas) : www.iseas.edu.sg
- Paris and Tokyo Memoranda of Understanding
(MOUs) on Port State Control (PSC) : www.parismou.org
Conception et mise en page web : Sylviane Tabarly

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| Mise
à jour : 13-05-2005
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